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Cycle d’échanges autour des images de la justice. Atelier 3 – Les objets du rituel punitif 

L’IERDJ organise un cycle d’ateliers sur les rapports entre Art et Droit dans le cadre d’un projet de recherche et d’étude mené par Valérie HAYAERT, historienne de l’art, enseignante à l’École de Droit de l’université de Warwick en résidence à l’IERDJ et qui travaille depuis de nombreuses années sur ces thèmes. 

Image : toile de Jean-Pierre Norblin de la Gourdaine (1745-1830) qui représente (le cas est assez rare) une pendaison en effigie (on a pendu les traîtres après l’insurrection de Varsovie). Une exécution en effigie consiste à pendre un tableau à la place de l’individu quand le criminel n’est pas présent (soit il il n’a pas été attrapé, soit il est déjà mort ou a été exécuté ailleurs). C’est le rituel symbolique par excellence car on suspend à l’échafaud un portrait (si possible ressemblant) du criminel contumace.

En savoir plus :

Entretien avec Valérie Hayaert, historienne, École de Droit de l’université de Warwick

Valérie Hayaert ©ChDelory

Son projet étudie l’histoire des représentations de la justice dans son lien à la pratique et à la critique du droit en explorant des ressources oculaires et plastiques, artistiques et optiques – plutôt que des ressources strictement textuelles. 

Le troisième atelier de ce cycle se tiendra le

13 septembre 2023 de 10h00 à 12h00 à l’IERDJ

47 bis rue des Vinaigriers 75010 Paris

Il sera question de certains objets matériels liés à la culture visuelle judiciaire des temps modernes en Europe comme des images ou sculptures utilisées dans les rituels punitifs pour stigmatiser («schandton» «schandhuik» aux Pays-Bas et en Allemagne), le but étant de réfléchir aux dispositifs de l’image efficace.

L’objectif sera de lier l’histoire culturelle des rites juridiques à l’étude de dispositifs spécifiques. Un bon exemple de ce type d’usage des images visant à stigmatiser est la mitre d’infamie, utilisée à Genève pour moquer un individu jugé coupable de proxénétisme, voir également les « Barrels of Punishment » ou encore des sculptures créées dans le cadre de la mise en scène d’une punition ou d’une pénitence publique pour faire amende honorable. Certains cas associent ces pratiques éphémères à des sculptures allégoriques.

Objets et dispositifs discutés : Pamphlet lacéré, exécution en effigie (portraiteffigié), mains et poings de Justice ; Pietradi Vituperio (Objet-totem : rituel de décharges ymbolique) ; « Vatof Shame » (habit de honte) charivaris et duckingstools (tabouret de la honte).

Par Valérie HAYAERT

Cet atelier aura lieu avec la participation de Valérie MÉNÈS- REDORAT, maîtresse de conférences en Histoire du droit à l’université de Cergy-Pontoise